Parfois des coincidences

 

Bonjour à tous,

En 2011 je reprenais sous la catégorie « Retour vers l’Avenir »  des textes que j’avais rédigé alors que je participais à la revue Contact.

Aujourd’hui en faisant un peu de ménage dans le contenu du site j’ai retrouvé ce texte.

Ce retour vers l’avenir laisse un goût amer. Que c’est-il passé depuis ?

Un texte sans titre.  Le sujet était sérieux en 2002 lors de sa rédaction et de la publication dans le Contact de notre association professionnelle.  Près de dix années se sont écoulées depuis.  Aujourd’hui je me demande ce que nous pouvons en dire.  De sérieux qu’il était, serait-il devenu dramatique aujourd’hui ?

Dramatique dans le sens que ces évènements font de bonnes manchettes, et puis après ?

Il faut dire que nous les archivistes médicaux avons le nez dedans !  À travailler dans les dossiers de santé, à traiter les données médico-administratives, nous ne pouvons y échapper.

C’est ici chez nous.

Dans ce texte il est question de violence, de détresse, de souffrance.  Ici chez nous au Québec avons-nous, par tous les programmes mis en place, réussi à améliorer le sort de ceux qui en sont touchés ou seulement se donner bonne conscience ?  Comment expliquer cette souffrance sociale, cette violence qui touche de plus en plus nos jeunes entre autres ?  Serait-il encore possible de vivre comme des êtres humains dans nos sociétés ?

Allons-y donc !

Parce qu’elle prend chaque jour, par ces multiples facettes, plus de place dans nos vies, semant la souffrance tour à tour chez nos ainés, nos enfants, nos collègues de travail, nos voisins, nos frères et sœurs, nous-même, la violence est maintenant une cause de décès et de souffrances psychologiques tellement importante à l’échelle de la planète, qu’elle est aujourd’hui la priorité au sein de l’Organisation mondiale de la santé.

Chez nous, nos gouvernements y regardent de plus près.  Dans nos milieux de travail, on met en place des protocole en cas d’agression, on assiste à des formations de prévention et d’accueil d’un collègue ou d’un employé au prise avec de la détresse psychologique.

Malheureusement, bien qu’on en parle et que nous côtoyons la souffrance qu’elle génère, il n’en demeure pas moins que la violence, bien qu’inacceptable, est considérée comme « normal » dans notre société.

Je vous laisse donc faire la lecture de l’avant-propos du « rapport mondial sur la violence et la santé » publié le 6 octobre 2002 par l’Organisation mondiale de la santé, signé par Monsieur Nelson Mandela et j’en profite pour inviter l’AQAM de même que chacun de nous à adhérer à cette démarche mondiale de prévention de la violence.

Vous trouverez d’ailleurs en page 17 du Contact, un communiqué de l’Organisation mondiale de la santé.

Le XXième siècle restera comme une période marquée par la violence.  Il nous laisse un lourd héritage de destruction de masse, de violence perpétrée à une échelle jamais vie et jamais imaginée auparavant dans l’histoire de l’humanité.  Mais cet héritage – produit de technologies nouvelles mises au services d’idéologie de la haine – n’est pas le seul qui nous soit transmis ni que nous ayons à affronter.

Ce qui est moins visible  mais bien plus répandu, c’est le fardeau des souffrances quotidiennes au niveau des êtres humains.  C’est la douleur des enfants victimes de ceux qui devraient les protéger, des femmes blessées ou humiliées par un partenaire violent, des personnes âgées maltraitées par ceux qui s’occupent d’elles, des jeunes brutalisés par d’autres jeunes, ou encore des gens de tous âges qui retournent la violence contre eux-mêmes.  Cette souffrance – et on pourrait en donner bien d’autres exemples – est un mal qui s’autoproduit, car les nouvelles générations grandissent avec la violence des générations passées, les victimes vivent avec les bourreaux, et on laisse perdurer les situations sociales qui alimentent la violence.  Il n’est pas un pays, pas une ville ou une communauté qui soit à l’abri.  Nous ne sommes cependant pas impuissants face à ce phénomène.

La violence vit de l’absence de démocratie, de la violation des droits fondamentaux et de la mauvaise gouvernance.  On dit souvent qu’une « culture de violence » peut s’enraciner.  C’est absolument indéniable; en tant que Sud-Africain qui a connu l’apartheid et qui en vit encore les conséquences, je sais ce que c’est et j’en ai fait l’expérience.  Il est vrai aussi que, lorsque les autorités approuvent le recours à la violence par leurs propres actes, la violence envahit la société.  Dans bien des pays, la violence prédomine, à tel point qu’elle annihile tout espoir de développement économique et social.  Nous ne pouvons tolérer cet état de choses plus longtemps.

Beaucoup de ceux qui sont confrontés jour après jour à la violence pensent qu’elle fait intrinsèquement partie de la condition humaine.  Mais il n’en est rien.  La violence n’est pas une fatalité, et on peut démanteler une culture de la violence.  Dans mon propre pays et dans le monde entier, il y a des exemples extraordinaires qui montrent que la violence peut être endiguée.  Les gouvernements, les communautés et les êtres humains peuvent changer le cours des choses.

Je me félicite de ce premier Rapport mondial sur la violence et la santé, qui devrait nous aider à mieux saisir le phénomène de la violence et ses répercussions sur la santé.  Il en fait ressortir les différents aspects, depuis la souffrance « invisible » des plus vulnérables jusqu’à la tragédie bien trop visible des sociétés plongées dans un conflit.  Il nous permet de mieux connaître les facteurs qui débouchent sur la violence, ainsi que les ripostes possibles des différents secteurs de la société.  Ce faisant, il nous rappelle que sûreté et sécurité ne sont pas quelque chose qui va de soit ; elles résultent d’un consensus collectif et d’un investissement public.

Le rapport expose les mesures à prendre au niveau local, national et international et formule des recommandations.  Ce sera donc un outil précieux pour les décideurs, les chercheurs, les praticiens, les défenseurs de la cause et les volontaires associés à la prévention de la violence.  Si, traditionnellement, la violence relève du système de justice pénale, le rapport plaide vigoureusement en faveur de la participation de tous les secteurs de la société aux efforts de prévention.

Nous devons à nos enfants – qui sont les plus vulnérables – une vie à l’abri de la violence et de la peur.  Pour y parvenir, nous devons consentir des efforts sans relâche pour instaurer paix, justice et prospérité dans tous les pays, et aussi dans toutes les collectivités et toutes les familles.  Il nous faut extirper les racines de la violence – seul moyen de faire du fardeau écrasant légué par le siècle passé – une mise en garde pour l’avenir

Nelson Mandela

Voilà, il y a certainement de la matière à réfléchir pour la journée encore. À commencer par ici chez nous.

Salutations,

France Desrosiers, a.m.a.

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